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Il n’y a pas que les neiges qui Kilimandjaro qui disparaissent, il n’y a pas que les glaciers de l’Antarctique qui fondent à grande vitesse.. C’est désormais « tout prêt de chez nous » que la planète court à la catastrophe.
En Alsace, c’est désormais une évidence, le réchauffement climatique est à l’œuvre. Ses conséquences sont devenues visibles, le doute n’est plus possible. Démonstration en quelques exemples.
Avec des températures moyennes supérieures de 5°C aux normales saisonnières, le mois de janvier 2007 a été le plus chaud depuis le début des mesures de Météo France. Entre le 31 mars et le 26 avril de cette année, le pluviomètre alsacien était à zéro. Les systèmes d’arrosage ont été mis en marche dans les champs de blé avec un mois d’avance. Dans le Massif Vosgien, le déficit de neige se poursuit depuis une quinzaine d’années. L’enneigement a diminué de plus de 68%.
En un demi-siècle, l’Alsace a perdu 25 jours de gel par an. Les journées avec neige ont fondu de 27 à 11 et la floraison des pommiers a été avancée de 10 jours.
Les asperges arrivent sur les marchés avec un mois d’avance et une partie de la production est perdue. En une petite trentaine d’années, les dates de la véraison des vignes constatent un décalage de 23 jours. D’année en année, la date d’ouverture des vendanges est avancée. La forêt de la Hardt est au bord de l’asphyxie
Depuis le début de l’année, l’Alsace vit à la température d’Alger. Les cigognes en oublient leurs migrations annuelles.
Les professions agricoles s’inquiètent légitimement sur leur avenir. A quand les cultures d’orange, de pastèques, de melon ? Le cabernet sauvignon remplacera-t-il progressivement le sylvaner. Certains vignerons envisagent d’ores et déjà le syrah.
Même les variétés actuelles de choux à choucroute ne sont plus adaptées à nos variations brutales de température
Le retour des beaux jours s’accompagne de nouveaux pics d’ozone. Ils sont de plus en plus nombreux et donc toujours plus dévastateurs sur la santé publique des populations. Selon l’ASPA, en Europe l’ozone est désormais responsable de 28.000 morts prématurés..
La liste des changements à effet négatif est longue…trop longue.
Les sonnettes d’alarme ne suffisent plus. Il y a urgence à remettre à plat notre mode de croissance et agir.
Agir ici et maintenant en Alsace autour de 5 axes sur desquels les collectivités alsaciennes doivent se mobiliser.
C’est tout d’abord impératif de geler tous les programmes autoroutiers, les contournements et autres aspirateurs de circulation automobile. La taxation des camions est nécessaire mais ce sont les infrastructures routières qui génèrent une explosion des déplacements, sources de 26 % des gaz à effet de serre.
Ensuite une priorité budgétaire absolue doit être donnée aux transports collectifs et doux. Cela concerne naturellement le train (amis avec des tarifs accessibles à tous y compris pour le TGV), le tram, le tram train le bus et les pistes cyclables sécurisés. Il faut rendre attractif et confortable les transports collectifs sur toute la région.
Aujourd’hui, les subventions agricoles ont fait de l’Alsace un immense champ de maïs. Cette céréale consomme une eau de plus en plus rare et produit des pesticides dont les conséquences sur la santé de chacun sont avérées. Les politiques agricoles doivent être foncièrement réorientées. L’avenir est à l’agriculture paysanne avec un objectif de 20 % destiné au biologique. Elle est génératrice d’emploi, source de qualité et de saveur, protectrice de l’environnement et garante de la santé publique.
Seul un schéma régional d’aménagement contraignant du territoire va permettre de préserver les espaces naturels. Une ville compacte est préférable à l’étalement urbain sans fin, aux lotissements à perte de vue. L’Alsace s’urbanise comme jamais. Nous ne tirons pas les leçons des dernières décennies et continuons à manger notre territoire. Quand le Département du Bas-Rhin implante des zones d’activités à Dambach la Ville avec comme seule accessibilité le voiture ou le camion on ne peut être d’accord. Pour se donner bonne conscience on promeut le co-voiturage pour quelques dizaines d’agents. Le Zénith strasbourgeois avec ses milliers de place de parking dans un champ de maïs sera exclusivement accessible avec l’automobile.
Enfin en matière d’énergie, les réorientations majeures s’imposent. Alors que le pétrole progresse vers son épuisement, l’industrie, le chauffage et les logements produisent 19 % des gaz à effet de serre.
Toutes les collectivités alsaciennes doivent se mobiliser en multipliant par 5 les financements vers l’énergie s’impose. D’abord vers les économies d’énergie et ensuite vers les énergies renouvelables.
Que les collectivités donnent d’abord l’exemple sur leurs propres bâtiments. Un surcroît de 15 à 20 % dans l’investissement génère une facture énergétique divisée par 3 ou par 4. C’est autant d’économie pour le contribuable que de répit à la planète.
Des normes énergétiques ambitieuses doivent qualifier le label HQE (haute qualité environnementale). La Suisse vise l’excellence avec Minergie.
A défaut de prendre d’urgence, toutes collectivités confondues, ces orientations radicales et indispensables nous en resterons à cette allégorie restée célèbre « la maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Il n’est pas encore trop tard mais à force d’attendre…
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