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Le LOGEMENT à Strasbourg :

Un droit démocratique, une urgence sociale,un impératif écologique

Aujourd’hui à Strasbourg tous les clignotants sont au rouge en matière de logement : de plus en plus cher, de plus en plus rare et donc de plus en plus en plus inaccessible. Fabienne Keller et Robert Grossmann ont depuis des années abandonné toute volonté d¹agir pour le droit au logement pour tous et notamment dans le domaine du logement social ! Il y a urgence à mettre en oeuvre une politique municipale afin que chaque citoyen de cette ville trouve des conditions de logement et donc un toit décent pour lui et sa famille.

Elles seront bientôt 17 000 les familles qui ont déposé, certaines depuis des années, une demande de logement auprès d’un organisme HLM dans l'agglomération strasbourgeoise. Jamais dans l’histoire de cette ville les loyers n’auront été aussi chers, jamais le logement n’a été aussi inaccessible et jamais les promoteurs de l’immobilier ne se sont aussi bien portés.

Jamais depuis des décennies, la municipalité n’a été aussi absente dans la mise en oeuvre d’une politique du logement pour tous.

Quelques rappels :
  • Aujourd’hui, plus de 20.000 ménages sont demandeurs de logements sociaux dans le Bas-Rhin (19322 au  1° janvier 2007) ; plus de 84 % d’entre eux (soit près de 17.000) sont situés sur le territoire de la Communauté Urbaine de Strasbourg.
  • Entre fin 2004 et fin 2007, le nombre de demandeurs de logements sociaux dans la CUS a augmenté de 25% et le délai d’attente s’est rallongé d’année en année.  De plus en plus de familles, de jeunes, de personnes âgées trouvent difficilement un logement décent et adapté. La priorité du tandem municipal n’est certainement pas le logement puisque cette situation continue à se détériorer !
  • Alors que plus de 2000 démolitions de logements sont en cours ou programmés dans les quartiers de Cronenbourg, Meinau, Neuhof et Hautepierre, la ville de Strasbourg n’a en contrepartie, construit, que quelques dizaines d’appartements.
  • Au cours de ces 15 dernières années, l’augmentation des charges (notamment le chauffage et l’électricité) a été trois fois plus rapide que l’augmentation des prix des loyers.
  • Le prix des terrains à bâtir a augmenté de 60 % en 3 ans. Même si cette flambée se ralenti depuis 1 an, les organismes HLM ont de plus en plus de mal à trouver des terrains disponibles et accessibles
  • Selon une enquête de l’Agence d’Urbanisme, le nombre de logements vacants a augmenté à Strasbourg alors qu’il est en diminution ailleurs. 8% des logements strasbourgeois sont vacants. Selon l’INSEE 11.400 logements sont de ce fait vacants et personne ne semble réagir !
  • Depuis 2001, le tandem a vendu plusieurs centaines de logements faisant partie du patrimoine municipal. Brader, dans ce contexte difficile une partie du bien commun appartenant à tous les strasbourgeois (comme pour l’Ilôt de l’Aubette), est certainement la pire des politiques,
  • La ville est directement propriétaire de 600 logements ; actuellement 184 de ces logements sont vides soit 30 %

7 propositions pour le droit au logement pour tous à Strasbourg

Ces propositions concrètes et urgentes s’appuient sur trois préalables :
- redonner à la politique du logement pour tous, une place centrale et structurelle dans les priorités municipales. C’est un enjeu essentiel pour tous les strasbourgeois
- cette politique du logement doit promouvoir l’égalité urbaine comme axe permanent d’un traitement équitable de tous les quartiers et de tous les habitants de cette ville.
- le respect des habitants, la participation des locataires à la définition des projets de quartier et donc plus généralement l’association des citoyens dans la définition de l’avenir de la cité est un impératif de toute politique ambitieuse et démocratique du logement
  1. Construire 750 logements sociaux par an afin de rattraper le retard accumulé et, progressivement, de répondre aux attentes des Strasbourgeois. Cet objectif, qui constitue un minimum, nécessite une priorité budgétaire pour la ville. Tout ensemble immobilier de plus de 10 logements dans la ville devra obligatoirement comprendre 30 % de logements sociaux.
  2. Rénover les logements (et notamment les logements sociaux) par un investissement massif dans les économies d’énergie (chauffage, isolation, eau). Au cours de ces 15 dernières années, l’augmentation des charges (notamment le chauffage et l’électricité) a été 3 fois plus rapide que l’augmentation des prix des loyers. Les économies d’énergies dans nos logements, ce sont des économies pour les familles qui y habitent mais c’est également une action locale contre le réchauffement climatique. L’objectif de 1000 logements rénovés par an est un objectif nécessaire.
  3. La Ville et la CUS doivent constituer des réserves foncières. Alors qu’aujourd’hui, la ville brade son capital (à l’exemple de ce qui se passe le long de la RN4), Strasbourg doit impérativement préserver son patrimoine et acquérir des immeubles et des terrains. Ces réserves foncières et immobilières permettront à la municipalité de construire des logements sociaux, de lutter contre la spéculation immobilière et foncière, de maîtriser l’extension de la ville et ainsi de préserver notre avenir. Strasbourg doit participer à l’Etablissement Public Foncier Local créé sur le Bas-Rhin le 10 décembre 2007.
  4. A Strasbourg sur les 11.000 logements vides plusieurs milliers sont vacants pour des raisons spéculatives. L’application de la loi de 1945 sur la réquisition des immeubles vides est un impératif pour le droit au logement. Il permet de dégager une nouvelle offre locative, notamment au niveau des propriétaires institutionnels (banques, assurances, promoteurs). Une taxation particulière et dissuasive sera mise en place pour les logements vacants depuis plus d’un an.
  5. Promouvoir des éco-quartiers. Dès novembre 2007, nous avons proposé qu’un éco-quartier soit construit sur le site Danube situé entre Neudorf et l’Esplanade. Les éco-quartiers sont conçus de façon à minimiser leur impact sur l’environnement, visent une autonomie énergétique, une mixité d’usage et définissent une nouvelle manière de vivre ensemble. Sur la base de recherche de terrains par la commune, une dizaine d’éco-quartiers devront être lancés avant 2012. Ils serviront plus généralement à une transformation écologique et urbaine de toute la ville et de tous les quartiers (qualité environnementale, énergie, services, déplacement, gestion des déchets…)
  6. Une ville de l’initiative et de l’innovation en matière de logement et d’habitat. A l’inverse de ce qui se passe depuis 7 ans, la ville doit constituer un levier d’initiative et d’innovation pour promouvoir le droit au logement à Strasbourg : aide à la mise en place d’agences immobilières à vocation sociale, gestion sécurisée pour le compte de petits propriétaires qui ne mettent pas leur logement sur le marché par crainte d’impayés, gestion sociale et dynamique du patrimoine municipal, transparence dans l’attribution des logements sociaux et municipaux. Pour les logements privés vides, la collectivité doit passer avec les propriétaires des baux à réhabilitation pour 20-25 ans ou les confier en gestion à des organismes HLM sur des durées similaires.
  7. En matière de logement d’urgence. Malgré les alertes médiatiques la situation reste très précaire pour les personnes sans domicile fixe. Il y a aujourd’hui 100 places d’urgence et 150 places de stabilisation. S’il faut à la fois double le nombre de places d’urgence, c’est d’abord le développement notable du logement très social (PLAI et PLUS) qui, principalement, permettra un accès au logement pour tous avec un accompagnement social efficace.

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